Une exposition présentée par L’Éléphant 9

L'instinct du jeu

 

« Ce serait bien que tu expliques un peu ta démarche.

 

-   Ça me paraît difficile de mettre des mots, j’ai tout fait à l’instinct…

 

-  Mais si, c’est bien celui-là, « instinct ». Ça justement, il faut que tu en parles. »

 

Mais voilà… ça fait bien longtemps que je n’ai pas créé dans une perspective de montrer mon travail, et bien aussi longtemps que je n’ai pas eu à expliquer une démarche. Alors ça cogite dans ma tête, ça cogite jusqu’au dernier moment. Que dire ? Oui, c’est bien à l’instinct que j’ai fabriqué cette petite vidéo. Mais avant tout, contextualisons :

 

Carole et moi avons eu l'idée de cette exposition en ligne alors que l'annonce de re-confinement était imminente. On ne savait pas encore comment mettre cela en place, c'est une première pour notre association. Après réflexion, nous avons convenu de faire simple : une vidéo pour présenter les tableaux et musique de nos adhérents et une page pour pouvoir prendre le temps de regarder les œuvres à son rythme. Donc je me suis mise à bidouiller un montage vidéo. Puis mes oreilles, tout comme mes yeux, étaient titillées : il y avait une possibilité de jouer.

 

De jouer avec ce que voyaient mes yeux en fonction de ce qu’entendait mes oreilles. Ni plus ni moins ma démarche : le jeu. Celui du mouvement des plans, et des mouvements inscrits dans les tableaux, du pinceau et du corps, qui rencontrent le mouvement de la basse, de la voix, et de la respiration. Les tableaux se meuvent, s’avancent et se reculent, apparaissent et disparaissent en fonction des sons puis des mots de Sophie. Finalement, un autre mouvement s’est créé, le mien. Pourtant, il n’était pas voulu, mais à force de jouer…

 

Alors j’espère qu’il vous plaira, ce regard, mais je ne cherche pas à l’imposer. Chacune des œuvres qu’on y rencontre a son existence propre, et vous pourrez ainsi jouer à regarder comme il vous chante.

 

Bon voyage !

Marion Cavard, Présidente de l’Éléphant 9.

Vit à Arcueil (94).


La rencontre

Édito de Carole Simon-Tocah

1er confinement de 2020 : je réalise une série d'interview sur les musiciens programmés d'une édition de festival empêchée par les circonstances.

 

2ème confinement 2020 : je réunis les protagonistes de l'expo-vidéo que vous pouvez visionner ici, réalisée par des adhérents de l'Éléphant 9 de Montreuil (93), Arcueil (94), Le Tourne (33), Talence ( 33), Baurech (33).

Je suis la seule du groupe à les connaître tous.

Voici donc encore un acte militant, résistant.

 

Imaginez le contraire des phrases qui suivent, vous comprendrez :

«Je veux le mouvement.

Je veux le contact.

Je veux relier.

Je veux rappeler en vous le souvenir du complémentaire.

Je veux que vous touchiez des yeux les discrètes qui font bouger, persévérantes.»

 

 

Léa et Sophie.

Les persévérantes discrètes sont déterminées à aimer, quoi qu'il en coûte, la beauté d'âme qui vole à travers les fêlures d'or des corps. Le spectacle de la différence met en lumière la complémentarité. Tout ce qui semble s'opposer en nous et dans le monde rappelle, comme un soft éclairage, notre être sensible originel, envoyé au mitard tellement tôt qu'on l'y a oublié.

 

Ouvre. Cicatrise. Laisse passer le souffle.

Voici le regard de Marion qui glisse et s'agrippe sur les œuvres de Sophie et Léa.

 

 

Jack et moi.

La musique, une nuit, pointe sa révolte contre les conformismes. Une pluie d'amour devient tempête et s'apaise dans un souffle océanique. Leurs images sont la clé vers notre étrangeté. Nous sommes la clé vers la leur. Si vous voulez.

Voici l'oreille de Marion qui éclot les images au rythme de la musique de Jack et Carole.

 

Voici Timo qui ouvre et ferme avec ses jingles.

 

Voici une association. Association d'énergies, de générations, d'Arts, de techniques, de niveaux d'implications, différents, complémentaires, issus de régions et de territoires aux enjeux distincts.

 

Le 22 novembre 2020

Carole Simon-Tocah, chanteuse, auteur, compositeur, peintre.

Vit à Baurech, dans l'Entre-deux-mers (33).